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7 mars 2012
Jean-Christophe Bollache

En revoyant les spots de l’’armée de terre qui sont à nouveau diffusés sur nos écrans, comment ne pas penser aux combats qui se sont déroulés jusqu’à il y a encore peu à Homs. La différence est saisissante entre les images que nous propose le Ministère de la Défense et celles qui nous parviennent difficilement de Syrie. Dans un cas, le métier de soldat y est présenté à la manière d’une émission de télé-réalité de type Koh-Lanta ou comme un jeu vidéo de guerre semblable à Call of Duty. A contrario, les petits reportages réalisés pour la plupart à l’aide de téléphones portables par des habitants de Homs ne sont pas sans rappeler les happy slapping, ces vidéos diffusées sur le net dont les sujets sont des agressions filmées sur le vif. Le message qui accompagne la campagne promotionnelle de l’armée de terre est « Devenez vous-même » et renvoie d’ailleurs sous cette appellation à un site internet. Si il y avait un message pour les combattants de Homs ce pourrait être « Devenons nous-même ». Aucun site internet n’existe à ma connaissance. Le sujet, les images, les mots sont presque les mêmes. Presque, c’est infime, mais c’est toute la différence : il est certain que le recrutement de l’armée de terre n’aurait pas la même efficacité si elle diffusait des films tournées à Homs, bien qu’il s’agisse aussi d’images guerrières.

À titre d’exemples, voici quelques petits pictogrammes légèrement retouchés et qui sont presque identiques. Presque.

Un hôpital à Homs n’a rien de commun avec un établissement sanitaire tel que nous les connaissons : il se résume souvent à une pièce insalubre dans une maison abandonnée sous le tir nourri des mortiers.





Un avion dans le ciel de Homs n’évoque nullement des destinations lointaines et merveilleuses mais signifie au contraire que le « voyage » va peut-être s’interrompre là brutalement.





Une maison à Homs n’a rien d’une construction traditionnelle car elle ne possède bien souvent plus de toit, ses murs sont percés de toutes parts et son alimentation en eau et électricité a depuis longtemps disparu.





Mettre au monde un enfant à Homs tient du miracle tant les conditions ne sont pas réunies pour le faire et l’espérance de vie du nourrisson des plus réduite entre l’absence de moyens sanitaires et les explosions quasi permanentes.





Il y a longtemps que les travaux à Homs n’ont plus cours, et que les seuls aménagements consistent à consolider des fondations branlantes, ériger des murs de gravats ou creuser pour enterrer ses morts.





Les images n’ont jamais été aussi présentes dans notre quotidien mais en ont-elles conservé pour autant le même impact ? Presque ?

Un billet écrit par Jean-Christophe Bollache, le mercredi 7 mars 2012.

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