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1er novembre 2011
Jean-Christophe Bollache

A emprunter les allées de cimetière on se surprend parfois à regarder d’’un autre œil ce qui y est écrit, comment et finalement pourquoi et pour qui. Typographies de tous ordres, étincelantes ou usées par le temps, couleurs parfois étonnantes, habitués que nous sommes à celles du granit, formes des plus surprenantes et matières diverses, de la fleur 100% plastique au crucifix rouillé, sans oublier tous les petits panneaux aux messages et aux compositions tout autant variées qu’attendues. Cette « signalétique » funéraire en apprend parfois beaucoup ou si peu sur celui ou celle qui doit normalement reposer pour l’éternité. Normalement, car au détour d’une tombe, on tombe , très justement, sur un petit panonceau apposée par la municipalité indiquant « Cette concession (on se croirait chez BMW) réputée (ah, bon) en état d’abandon (mais que fait la SPA ?) fait l’objet (ouh, là, là, ça commence à sentir mauvais) d’une procédure de reprise (quoi, la fin de la crise ?).

Troublant. Car à qui s’adresse ce message ?

A celui qui est inhumé ? M’étonnerait, à moins qu’il ne sorte la nuit et ait la présence d’esprit (ah, ah !) de se munir d’une lampe torche, tant les cimetières sont dépourvus de toute source lumineuse.

A ceux qui sont censés venir le visiter ? Là aussi c’est peu probable, car si la tombe est dans cet état de décrépitude avancée, c’est qu’il y a bien longtemps que personne n’est venu en ces lieux y faire le ménage.

Alors qui reste-t-il ?

Les autres assurément, nous, ceux qui arpentons ces sentiers particuliers. Mais quel en est l’intérêt, n’étant ni liés à priori au défunt, ni concernés en quoi que ce soit ? Est-ce une marque d’infamie, une indication afin de livrer le défunt à l’opprobre publique : non mais quelle honte, il y en a, je vous jure, ils ne manquent pas d’air (oups !) ? S’agit-il de nous indiquer qu’ici, oui, sur ce magnifique emplacement une place sera bientôt disponible, profitez-en, derniers lots, il n’y en aura pas pour tout le monde ? Est-ce une manière pour la commune d’affirmer haut et fort qu’elle gère de main de maître les deniers et le foncier public ? Je ne sais pas, et croyant ou non, il y a quelque chose d’indécent à vouloir se débarrasser d’un cadavre, quel qu’il soit : y-est-il pour quelque chose, lui ?

Nous sommes quotidiennement confrontés à de telles situations, moins morbides certes, mais saturés de messages, de panneaux, d’indications dont l’immense majorité ne nous concernent pas : assurément si trop d’information nuit à l’information, trop d’informations inutiles la tue irrémédiablement, et sans aucune chance de salut...

Dans notre pratique des projets signalétiques, nous devons sans cesse rappeler cet axiome qui, si basique puisse-t-il être, est des plus difficiles à faire admettre. Combien est-il complexe et tortueux de faire comprendre qu’il ne sert à rien d’être exhaustif, (surtout pas !!!), mais que tout au contraire il faut être partiel, et donc plus que partial. Les autres informations, celles qui ne sont pas indispensables, devront être enterrées sine die : qui pourra bien alors avoir l’envie d’en faire la reprise ?

Un billet écrit par Jean-Christophe Bollache, le mardi 1er novembre 2011.

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